L’histoire d’Orgelet

Pour plus de détails, se reporter à l’ouvrage ayant servi source : « le vieil Orgelet (XVIIème et XVIIème) de Louis LAURENT.

Orgelet et son histoire

Une ville regorgeant de trésors historiques

Orgelet (de 374 à 672 m d’altitude) se trouve sur le premier plateau jurassien, à l’extrémité de la côte de l’Euthe.

 

La cité, située sur un éperon rocheux, est blottie en croissant autour du Mont Orgier (672 m) qui lui a donné son nom. Son château fort relié à son église fortifiée par d’imposants remparts, lui permet de dominer la plaine et contrôler les vois commerciales. Pour entrer et sortir du bourg, plusieurs portes ont été aménagées. Les trois principales sont la porte du bourg de Merlia, la porte des Ormes ou du Faubourg, la porte de la Grande Rue. De moindre importance, la porte de la Combe et les portelles derrière l’Eglise.

 

Les premières traces de l’église paroissiale, dédiée à Notre Dame de l’Assomption, datent du XIIIème siècle. Le premier lieu de culte a certainement été la chapelle du château dont il ne reste rien. L’église fut détruite par un grand incendie (un « orval de feu ») en 1606, de même que 52 autres bâtiments. Sa reconstruction fut décidée en 1606, la fin des travaux étant actée en 1612. Le clocher, datant du XVème, avec sa tourelle, sa lanterne et sa croix culmine à 55 m.

 

Orgelet possède d’autres bâtiments religieux :

couvent des Capucins : l’ordre fut supprimé en 1790 et en 1865 la famille Bel s’y installa.

couvent des Bernardines : il fut tour à tour couvent pour filles, fermé à la Révolution, entrepôt de matériel militaire, maison de détention, école secondaire en 1802, école ecclésiastique du Département en 1812, refuge pour le grand séminaire de Lons de 1826 à 1828 puis collège depuis 1988. Le bâtiment des pensionnaires hébergea la Gendarmerie au XXème siècle.

À noter que la chapelle des Bernardines resta consacrée au culte jusqu’en 1877. Elle a abrité des activités théâtrales et sportives ou de stockage avant que de devenir la médiathèque intercommunale en 2002.

Un grand patrimoine artisanal

Orgelet est un lieu de passage entre Lons et St-Claude en passant la rivière Ain par la cluse puis le bac et le pont de la Pyle.

 

Si la plaine d’Orgelet a livré des vestiges celtiques ou romains, c’est sous les Chalon que la cité prend de l’importance (la baronnie n’est attestée qu’à partir de 1227). En 1266, Jean de Chalon Auxerre permet l’essor de la cité par l’octroi d’une charte de franchises lui accordant plus de droits et d’autonomie.

 

Plusieurs métiers de tradition ont fait la renommée d’Orgelet :

le tissage et le travail du chanvre: les tissiers travaillaient à domicile, principalement rue de la Tisserie.

le tannage et le travail du cuir : les tanneurs (16 vers 1850) exerçaient à l’écart de la cité, au bord du Gevin. La tannerie Gerdil ferme ses portes vers 1950.

la tournerie et le travail du bois : au milieu du XXème siècle, Orgelet a été la capitale française de la bobine. On y fabriquait également des quilles, des toupies, des yo-yo…

la fabrication des chapeaux : les chapeliers travaillent seuls ou avec quelques compagnons ou apprentis et exposent dans leurs boutiques (en 1850, il n’y a plus que 3 ateliers).

L’évolution d’Orgelet

Pendant des siècles la municipalité d’Orgelet tenait séance dans la tour Carrée (place de l’ancien collège, à l’arrière de la place au Vin).

 

La justice quant à elle, était logée rue du Château, dans la maison Dagay (emplacement de la Mairie actuelle). L’incendie de 1637 détruisit cette maison au-devant de laquelle on avait bâti des halles pour les foires et marchés.

 

La Mairie actuelle a été construite en 1715 sur cet emplacement. Sous les voûtes s’est tenu le marché aux grains jusqu’en 1830, la maison placée à l’arrière servant de maison d’arrêt et de prison.

 

Depuis le XVIème siècle jusqu’à la Révolution, le Maire a porté le titre de « vicomte Maire et lieutenant général de police » ». Il prenait les édits, arrêts ou ordonnances nécessaires. Le Maire était alors un gradué en droit : officier de baillage, avocat, procureur, notaire, capable de s’acquitter de ses fonctions de lieutenant de police général. Il présidait le tribunal.

 

Les prisons étaient sous la tour de la ville. Elles furent déplacées lors de la construction de la nouvelle Mairie : cachots voûtés avec de lourdes portes fermées par de gros verrous, et à l’étage, une chambre d’arrêt. La municipalité désignait un concierge ou un geôlier. On y trouvera principalement des mendiants (souvent contents d’être logés et « nourris »), des ivrognes, des voleurs et criminels, etc. Après Thermidor, ce sont les terroristes d’Orgelet et de sa région qui y seront enfermés.

 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Orgelet s’est transformée : les exploitations agricoles ont décliné, les foires de bétail n’existent plus, la tannerie et la cordonnerie n’ont pas survécu, les grandes surfaces ont remplacé les petits commerces, une zone industrielle s’est développée et de nouveaux quartiers ont vu le jour.

 

La mise en eau du lac de Vouglans a permis de développer de nouvelles activités, surtout à la belle saison : promenade, pêche, canotage, baignade, planche à voile…

 

Aujourd’hui, Orgelet compte 1584 habitants.

Les trois grands incendies d’Orgelet

1606 : quartier de l’Eglise. 52 bâtiments détruits dont l’église.

1637 : la ville aux maisons étroites au toit de chaume, serrées les unes contre les autres, est incendiée par les Français.

1752 : ouest de la ville, du bas de la Grande Rue vers la rue de la Tisserie et le bourg de Merlia. 122 bâtiments détruits.

Les rues et places du centre historique d’Orgelet

Place des Déportés : nommée ainsi pour rappeler et perpétuer le souvenir des déportés. Le 11 juillet 1944, les troupes allemandes ont rassemblé une quarantaine d’hommes qui ont été emmenés et beaucoup déportés. Beaucoup ne sont pas revenus.

Autrefois, la place s’appelait place du Marché et le samedi, lors des foires annuelles, on y vendait « volailles, poissons, œufs, beurre, fruits, jardinage et légumes ».

Après la Révolution, la place a pris le nom de St-Louis.

Rue du Château : dans les temps anciens, elle s’appelait rue des Halles car les vieilles halles étaient établies à son sommet sous les murs du château.

Rue de la République : après l’incendie de 1752, elle a été élargie et redressée. Elle s’appelait autrefois rue de la Fontaine car elle conduisait à l’unique fontaine de la ville.

Rue de la Tisserie : a sans doute abrité autrefois de nombreux tisserands ou tissiers travaillant la laine puis les fils de chanvre.

Grande Rue : incendiée en 1752, elle a été élargie lors de sa reconstruction.

Rue des Boucheries : aux 18ème et 19èmes siècles, elle conduisait vers les boucheries de la ville.

Rue des Prêtres : rue où résidaient certains prêtres familiers de l’église Notre Dame. Chacun occupait une maison particulière. La plus belle maison est la cure.

Place Marnix : nommée ainsi en souvenir de Jean-François de MARNIX, prieur de l’Etoile, religieux infirmier de la royale abbaye de St-Claude qui, au début du 18ème siècle, a payé de ses deniers l’ancien hôpital, acquis les maisons destinées à former l’hospice des capucins et fait construire la chapelle. Anciennement appelée place de l’ancienne Boucherie et encore avant place du Maisel (en référence à la halle de la boucherie incendiée par les Français en 1637).

Rue du Commerce : beaucoup de marchands y tenaient boutique.

Place de l’ancien collège : en référence à l’établissement d’enseignement qui occupait au 18ème siècle la vieille tour de la ville. C’était auparavant la place du Puits, car on y trouvait un puits très fréquenté (puits aujourd’hui comblé).

Rue de la Glacière : (après la porte de la Combe, porte secondaire située au fonds de la place de l’ancien collège). La glacière a été creusée en 1723 sur la pente de la colline du château (elle servait en hiver à entreposer de la glace issue des étangs).

Entre le café de Paris et la maison Futin se dressait la porte dite du Faubourg de l’Orme, abattue en 1774.

A l’emplacement du café de Paris se trouvait l’hôpital Notre Dame ou du St-Esprit, existant déjà en 1292, détruit en 1637, maison reconstruite en 1743.

Divers

Ancien canton d’Orgelet : Alièze, Arthenas, Beffia, Chambéria, Chavéria, Cressia, Dompierre-sur-Mont, Ecrille, Essia, Marnézia, Mérona, Moutonne, Nancuise, Onoz, Pimorin, Plaisia, Présilly, Reithouse, Rothonay, Sarrogna, La Tour du Meix, Varessia.