Orgelet
Ville > Municipalité > Discours > Commémoration du 11 juillet 1944  

Nous commémorons aujourd’hui le73e anniversaire des événements qui se sont déroulés le 11 juillet 1944, à Orgelet et dans les environs.

Mais déjà en avril 1944, lors d'une première opération contre  les maquis du Jura, les troupes allemandes avaient semé la terreur dans notre ville en déportant quatre personnes, dont l'instituteur Jean David, décédé au camp de Buchenwald.

Un mois après le débarquement en Normandie, et pressentant un débarquement en Provence, l'état-major allemand a voulu nettoyer les noyaux de résistance de l'Ain et du Haut-Jura qui ne manqueraient pas d'entraver la retraite prévisible de la Wehrmacht. Ainsi une opération de représailles appelée « Treffenfeld » est organisée par la 157e division de réserve, composée en  partie de « Cosaques ».

Le 10 juillet, une colonne allemande est cantonnée à Conliège, où elle sème terreur et dévastation. Le lendemain matin vers 4 h 30, avant de monter sur le plateau, les nazis fusillent deux personnes et raflent de nombreux Conliègeois.
Avant d'arriver à Dompierre-sur-Mont, les troupes nazies essuient quelques coups de feu, ce qui exacerbe leur agressivité, et, arrivées dans le village, elles rassemblent tous les hommes et fusillent 22 malheureux devant leurs familles terrifiées.

Vers 8h, cette colonne infernale pénètre dans Orgelet où elle poursuit ses sinistres actions :
Le gendarme Decercle, dont nous allons honorer aujourd’hui la mémoire, est abattu et son cadavre est laissé sur place avec interdiction de l'approcher.
Les nazis pillent et brûlent les maisons des personnes soupçonnées d’être des résistants. 7 bâtiments sont ainsi la proie des flammes.
Toute la population qui n'a pas réussi à fuir ou à se cacher est rassemblée devant la mairie.
Le Docteur Parnet qui est l'Orgelétain qui parle le mieux allemand, parlemente pour éviter des exécutions, mais tous les hommes de 17 à 35 ans sont embarqués dans des camions et emmenés comme otages,  avec ces troupes qui continuent leurs exactions le long de la route qui les conduit à Dortan.
Plusieurs Orgelétains arrivent à s'échapper ; beaucoup sont libérés à Bourg-en-Bresse. Mais 13 de nos concitoyens sont d’abord envoyés dans le triste camp Royallieu de Compiègne avant d’être acheminés en Allemagne, la plupart au camp de déportation de Neuengamme situé près de Hambourg. Cinq seulement reviendront vivants.

Aujourd’hui, 73 ans après, dans notre cité aussi tranquille, nous avons du mal à nous imaginer ce qui a pu se passer à Orgelet, comme dans de nombreuses autres communes du Jura, et certains se demandent l’utilité de commémorer de tels événements.
D'autres voudraient même oublier ce triste passé en rasant les traces des exactions nazies.
Cependant, notre vigilance doit être sans faille ; notre devoir de mémoire conserve tout son sens en puisant sa force dans notre douleur et ses racines dans notre histoire : en commémorant cette plaie du siècle dernier, nous nous souvenons combien notre République peut être fragile quand elle baisse la garde.
Car si plus de 73 ans ont passé, nos valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité n’en demeurent pas moins menacées par tous ceux qui n’aspirent qu’à semer la haine et la violence. Et ils sont nombreux, hélas, à se faire aujourd'hui encore les chantres d’idéologies barbares, qui ne visent qu’à la négation de l’autre et à la recherche de boucs-émissaires.
N’oublions jamais que le Nazisme est arrivé au pouvoir par les urnes. Rappelons également que la paix dans laquelle vit notre continent depuis cette époque est en grande partie due au long chemin de l'amitié franco-allemande et à la construction européenne.
A nous d’œuvrer ensemble pour que cette paix perdure et prospère partout dans le monde.

Vive la République, Vive la France.

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