Orgelet, ville natale de Cadet Roussel
Petite cité comtoise de caractère

Ville d'Orgelet (Jura)

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La région d'Orgelet dans le système jurassien

Orgelet se trouve situé à la pointe méridionale de l'arc jurassien, formé par la poussée des Alpes.

Voici ci-contre l'esquisse du résultat de cette poussée: la couverture sédimentaire, calcaire essentiellement, de 1000 mètres d'épaisseur environ a réagi de différentes manières. Certaines zones ont amorti la poussée en se déformant en vastes plissements kilométriques (anticlinaux et synclinaux), c'est le cas de la haute chaîne jurassienne mais aussi de zones plus modestes constituants différents faisceaux: Lomont au nord (sud de Montbéliard),bisontin (niveau de Besançon), lédonien (niveau de Lons le Saunier). D'autres zones ont réagi par translation, sans se plisser et constituent les plateaux. La Franche-Comté méridionale, en particulier Orgelet et sa région sud appelée "la petite montagne", a été le plus dérangée par le contre-coup alpin: les faisceaux et plateaux se pincent à ce niveau et forment des structures tectoniques assez compliquées.

Le deuxième schéma présente le résultat en zones géomorphologiques au niveau d'Orgelet en allant d'ouest en est:

I dépression de la plaine bressane.

II sud du faisceau lédonien ou "petite montagne
" c'est à dire série de plis anticlinaux et synclinaux orientés presque nord sud se relayant d'ouest en est en longues unités indépendantes typiques de cette petite montagne avec sommets où affleurent les calcaires des anticlinaux couverts de forêts et dépressions qui ont servi de pièges alluvionnaires argilo-limoneux occupées par les prairies et les cultures entourant les villages.

III anticlinal du Mont Orgier Bois de Malmont. Au niveau d'Orgelet ce relief est interrompu par un brusque prolongement du Mont Orgier qui préserve toutefois une petite butte témoin où est installé le chateau médiéval.

IVa sud du plateau lédonien (Poids de Fiole) s'incurvant vers le sud en un synclinal à fond plat sous l'ancien remplissage lacustre de la Thoreigne (plaine de Présilly Moutonne Beffia Chavéria).
IVb plateau de la Valouse allant jusqu'à Arinthod, formé de roches tendres oxfordiennes recouvertes de dépôts glaciaires le tout profondément entaillé par la Valouse.

V vigoureux relief anticlinal limitant les plateaux précédents à l'est: côte de l'Euthe jusqu'au niveau d'Orgelet puis en relai au sud faisceau Orgelet Poncin en direction du jura méridional; Ce dernier faisceau est traversé au niveau de Condes Thoirette par la profonde vallée de l'Ain en un parcours en baïonnette typique des cluses jurassiennes.

VI plus à l'est une nouvelle zone de plateaux entaillés par l'Ain et ses méandres actuellement remplis par le barrage de Vouglans. C'est le prolongement sud des plateaux de Champagnole.


Origine de toutes ces roches : la longue histoire des mers de l'ère secondaire

L'essentiel des matériaux de la région d'Orgelet est formé de calcaires très cohérents et donc souvent en relief, de marnes calcaires et marnes plus tendres affleurant dans les dépressions. D'une épaisseur de 1000 mètres environ si elles étaient restées bien empilées, elles ont été plissées, faillées puis ont subi l'énorme travail de sape de l'érosion. Voici dans quelles conditions ces roches se sont formées durant toute l'ère secondaire.
D'abord au Trias, par faible profondeur aux marges d'une mer chaude dont le centre se trouvait en Allemagne et qui était alimentée par des fleuves issus du Massif central et des Ardennes, se sont formées des marnes sombres à sel et à gypse, roches évaporitiques dues à un climat assez chaud. On en trouve à assez faible profondeur vers Augisey et Rosay. Ce sont ces roches que l'on exploite aux salines de Montmorot (sel) ou aux platrières de Grozon (gypse).
Ensuite, au Jurassique, une mer immense appelée Thétis, dont sont issues toutes les chaines alpines, des Pyrénées à l'Himalaya et bien sûr le Jura, c'est formée à l'emplacement actuel de la Méditerranée; une mer chaude, aérée, peu profonde (0 à 200 mètres) mais dont le fond descendait progressivement au fur et à mesure du comblement ce qui a donné de grandes épaisseurs de sédiments. Ce sont de nombreux fossiles dont on retrouve des sites à Savigna ou Chatagna (ammonites dans les marnes) qui permettent de connaître cette période.
Enfin, au Crétacé, lorque la Thétis se refroidit parce que s'ouvrant aux mers boréales par le Bassin parisien, se déposent des formations crayeuses que l'on trouve dans la vallée de Lains. C'est dans cette craie que la silice issue de diverses coquilles va migrer et se concentrer en rognon de silex que les hommes préhistoriques de la baume de Gigny ont travaillés pour obtenir leurs outils tranchants.
Peu après cette période le Jura se plisse sous la poussée alpine et la mer abandonne définitivement cette région. Commence alors l'érosion qui donnera à la région son aspect actuel.


Le relief d'Orgelet et de ses environs

On peut classer le relief d'Orgelet en quatres zones différentes :
I "Petite montagne" à l'est.
II et V anticlinaux puissants
III a plateau de Poids de Fiole Dompierre, peu érodé.
III b plateau de la Valouse profondément entaillé par cette rivière.
IV plateau de Coyron encore plus profondément entaillé par l'Ain.

Les traces du glacier autour d'OrgeletCe relief a été en grande partie façonné par le glacier jurassien et dans notre région sa langue glacière d'Orgelet qui a laissé de nombreuses traces.
Ce glacier s'est formé il y a environ 20 000 ans lors d'un climat si froid que les neiges hivernales ne fondaient plus au printemps et en été et se transformaient en glace qui se sont accumulées sur une épaisseur de 400 à 500 mètres sur la haute chaîne. Ces glaces s'écoulaient lentement de part et d'autre de la montagne, buttant à l'est sur le glacier du Rhône et à l'ouest venant fondre vers 500 mètres d'altitude en différentes langues glacières (Nantua, Ain, Orgelet, Clairvaux,... ). Ces langues glacières ont formé des barrages dans les vallées du rebord jurassien et une série de lacs naturels alimentés par la fonte de la glace. Aux environs d'Orgelet il y a trois lacs: de la Valouse (langue de l'Ain) occupant tout le plateau d'Arinthod, de la Thoreigne (langue d'Orgelet), de la Combe d'Ain (langue de Clairvaux Doucier).
Les traces du glacier n'apparaissent pas au-dela d'une ligne Beffia-Thoirette; il n'a donc pas dépassé cette ligne: il mourait au niveau d'Orgelet où il a laissé de nombreuses traces.

Les moraines :
Ce sont des placages superficiels d'une dizaine de mètres d'épaisseur formés d'une bouillie blanchâtre de calcaire broyé contenant des blocs et gravier de toute taille (jusqu'à un mètre de diamètre) et dont la forme est caractéristique: ils sont sommairement équarris et leurs arêtes sont légèrement émoussées. Les graviers eux-même sont plus ou moins anguleux se différenciant en cela des graviers de rivière beaucoup plus arrondis.De plus les graviers morainiques ne présentent pas de disposition en litage : le glacier déverse sa charge sans l'organiser contrairement aux rivières dont les sédiments sont classés en lits plus ou moins horizontaux selon la force du courant. La tranchée de la route Orgelet-Pont de Poitte à la sortie du tunnel à l'embranchement avec la route de Moirans illustre parfaitement ces matériaux morainiques.

Les cônes alluvionnaires ou cônes deltaïques :
Ce sont des édifices sédimentaires assez faciles à reconnaître : ils sont à flanc de relief, forment des terrasses à sommet plat ou peu incliné et à rebord très pentu vers la vallée; on en compte sur une douzaine de kilomètres au sud d'Orgelet entre Sarrogna et Cézia. La ville d'Orgelet elle-même est en partie construite sur un tel cône dont le replat faiblement incliné domine la plaine marécageuse de la Thoreigne.
Ces édifices alluvionnaires sont des petits deltas ammoncelés par les eaux de fonte du glacier : les graviers arrachés à la moraine par les eaux de fonte s'ammoncellent en bordure des lacs, le replat sommital marquant le niveau initial du lac. Ces deltas ont bien sûr cesser de fonctionner à la fin de la période glaciaire lorsque les langues glacières qui formaient barrage ont reculé, se sont abaissées et ont donc permis la vidange des lacs.
Ces cônes sont très souvent utilisé comme carrière de matériaux.

Les sédiments lacustres :
Ce sont les sédiments déposés au fond des lacs qui se sont comblés peu à peu et ont régularisé la topographie du fond rendant ainsi leur reconnaissance sur le terrain difficile sauf là où des tranchées assez profondes permettent de les repérer : c'est le cas dans la plaine de la Thoreigne à l'entonnoir des fosses où on en a trouvé une épaisseur de 13 mètres, à l'entonnoir de Senay, aux "Terres blanches" à Sézéria.
Les affleurements frais montrent des couches millimétriques alternativement sombres et claires de sédiments fins: ce sont ce que les géologues appelent des "varves" caractéristiques de la sédimentation en lacs alimentés par un glacier. La fine alternance des couches étant due à la fonte saisonnière: couches claires au printemps et en été conséquence d'une fonte brutale, couches sombres en automne. Chaque doublet étant signature d'une année, on a pu calculer la durée de vie du lac.


Karst spéléologie

La région essentiellement calcaire présente des formes karstiques.Nous ne développerons pas cet aspect car les réseaux souterrains n'ont qu'une ampleur modeste, ceci étant dû à trois conditions défavorables: zone faillée, compartimentée en petites unités cloisonnées par des affleurements marneux et imperméables, couvertes d'épais dépôts glaciaires.
Ci-dessous est présenté le bloc diagramme de l'ensemble le plus important, bien étudié lors de la construction du barrage de Vouglans : il ne fallait pas que l'eau de l'Ain retenue par la muraille du barrage ne fuit par les cavités karstiques des deux côtés de la vallée. C'est le système souterrain de la Caborne de Menouille.

Quelques autres exemples karstiques de la région:

  • système entonnoirs de la Thoreigne résurgence de Chatagna: 166 mètres explorésmais arrêt dû à un ébouli.Ces dimensions modestes n'ont point empêché sa célé brité au siècle dernier, témoin cet extrait savoureux d'un texte de 1801 de JM LEQUINIO dans "Voyages pittoresque et physico-chimique dans le Jura": "C'est un canal souterrain par lequel la montagne vomit un petit torrent, l'hiver, et donne, dans la belle saison, ub courant d'air toujours sensible. La bouche, ou scissure, est dans la roche solide; elle est horizontale; elle a douze pieds de long sur un pied et demi de large: l'eau qui sort de cette bouche, l'hiver, s'élance s'élance en jet fort large, et s'élève à de dix à douze pieds(...). L'été, le lit du torrent est parfaitement à sec; il ne sort pas une goutte d'eau du trocher, mais un vent continuel y faif flotter un mouchoir suspendu devant la scissure, de même que la mer il fait flotter la flamme d'un mât..."
  • grottes de la Doye à Nancuise: 200 mètres de développement.
  • grotte de la Bramette: 600 mètres de galeries explorées.
  • grotte des petits prés: 330 mètres de galerie.

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